LA COMMUNION EXPRIME D’ABORD UN ÉCHANGE PROFOND SUR UN AUTRE PLAN…

Le mot «communion» évoque d’abord une union de personnes en vibrations : il peut s’agit d’un échange harmonieux d’idées, de sentiments, de ressentis ou un contact silencieux d’âme à âme. Dans un autre sens, il désigne l’union de personnes qui partagent une même foi religieuse, comme dans l’expression comme dans l’expression «communion des fidèles».  Par extension, dans le Catholicisme, il peut représenter la réception du sacrement de l’eucharistie;  cette partie de la messe au cours de laquelle le prêtre célébrant, qui peut être assisté, communie lui-mêcommunion-intimeme avant de distribuer les saintes espèces aux fidèles en état de pureté;  ou l’antienne (chant sacré) chantée à ce moment.

C’est un fait que, dans plusieurs Traditions spirituelles, le mot «communion» identifie le partage d’un aliment sacré, un don béni ou sanctifié par un Maître ou un Guide spirituel ou un don particulier d’une Divinité.  Dans tous les cas, il exprime un désir d’alliance ou de fusion, l’espoir de faire un avec une autre réalité dans l’ordre vibratoire ou un autre être, d’atteindre la connaissance de l’Âme universelle.  Et il illustre un appel à un échange en communauté dans l’Amour pur.

Pour ce qui a trait au rite de plusieurs confessions chrétiennes, Jésus a institué le rite de la Cène, non pour en faire un sacrement, mais pour mettre un terme à l’abattage rituel des animaux, autant que pour symboliser la fusion du Ciel et de la Terre.  Ce Grand Maître avait conscience de l’ineptie de mettre un terme à une vie pour rendre hommage à l’Auteur suprême de toutes les formes de vie.  Comme il savait tout aussi étonnant qu’un être puisse croire offrir un bien précieux à Dieu, en lui sacrifiant un animal qui, comme toutes les créatures, lui appartient de toute éternité.  Aussi puisa-t-il dans d’autres Traditions spirituelles (Judaïsme et Mazdéisme notamment) ce rituel du pain, symbole de l’énergie de la Mère céleste (magnétique), et du vin, symbole de l’énergie du Père divin (électrique), pour illustrer que toute manifestation, y compris l’Illumination, résulte d’une juste alliance des deux aspects de la polarité.  Et il institua le banquet mystique collectif qui invitait à ressentir l’Unité de tout ou l’Unité du Tout.  Voilà comment, au sens chrétien, la communion désigne le sacrement de l’eucharistie, offert sous la forme des deux espèces, le pain et le vin.  Dans ce cas, il s’agit d’un rite d’agrégation, d’union consanguine, symbole de fraternité et de participation à l’immoralité.  La communion sous les deux espèces s’atténua dès le XIIe siècle pour des raisons d’hygiène, de danger d’effusion, de répugnance des fidèles à boire dans un même vase, de frais rituels ou, dans certaines régions, de difficulté d’approvisionnement en vin.

Le pain et le vin

Dans le rite chrétien de la communion, l’hostie placée dans la patène voile l’union dans la Conscience divine de la Lune et du Soleil.  Au moment de l’élévation, l’hostie rayonnantevaleur-symbolique-communion évoque le Ciel où brille le Soleil au-dessus de la Lune, figurée par la partie supérieure du calice (la coupe ouverte, donc réceptive), dont la tige figure la colonne vertébrale illuminée (avec ses chakras bien ouverts) et le pied, l’enracinement dans le Monde concret.  Ce vase sacré posé sur la table d’autel, qui désigne autant la Shekinah que le Monde de la Manifestation, montre l’être humain qui reçoit un fondement stable pour poser les pieds et mener ses expériences de découverte de lui-même.  Ce qui se situe sous cette table désigne ce qui est à transmuter, les  appétits impétueux du ventre et les sollicitations irrationnelles des plans inférieurs de la conscience (le monde de l’inconscient).  L’ensemble éclaire le fait que l’union des âmes, dans la Communion des saints, ne devient possible que dans la sublimation qui rend les corps transparents, ce qui favorise l’intime reconnaissance mutuelle des autres aspects du Soi comme partie de soi.

Les deux éléments principaux du rituel de la messe chrétienne, servant au moment de la communion, le pain et le vin rappellent les symboles alchimiques du mercure (le courant lunaire ou la Mècommunionre céleste) et du soufre (le courant solaire ou le Père divin) qui engendrent le Fils ou le Christ dans leur coït mystique ou allégorique.  Ils traduisent la force d’union avec la Vie universelle qui permet à l’âme de s’élever vers les niveaux supérieurs de la Conscience cosmique.  Ils indiquent une communion peu commune avec les Forces universelles qui répondent en conférant une initiation majeure.  Mais, comme il a été suggéré plus avant, ce rituel a surtout tenté de servir à mettre un terme à l’usage abusif du sacrifice sanglant des animaux, ce rite cruel et barbare dont les dieux-démons ou anges noirs se repaissent dans les âges sombres.  À partir d’un âge de fer, l’être humain croit pouvoir vaincre la mort en faisant dévier la vie d’autres créatures vivantes vers la mort.  Il croit s’assurer des bons offices des entités souterraines en leur offrant le sang des animaux qu’il sacrifie.  Le pain et le vin expriment un mariage réussi, une alliance puissante entre le Ciel et la Terre et toutes les unions constructives.  Dans la distribution des espèces aux fidèles, l’Église catholique n’a retenu, par commodité et hygiène, que le pain, ce qui n’est pas le cas dans l’Église orthodoxe et certaines églises protestantes qui maintiennent le partage du pain et du vin pour tous.

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Dans les Traditions chrétiennes, la communion des saints, qui repose sur un lien et un contact avec Dieu, désigne la communauté spirituelle de tous les Chrétiens vivants et morts (église souffrante, église militante et église triomphante).   

La communion solennelle ou grande communion correspond à la profession de foi qui constitue l’affirmation personnelle des engagements pris au baptême par personnes interposées (le parrain et la marraine).

La communion avec Dieu  révèle une rencontre avec le Créateur dans le silence méditatif en se mettant à l’écoute de son âme afin de ressentir que l’Unité est la vérité de son être.

Enfin, la communion d’intention consiste à se rallier à un consensus collectif en regard d’un but ou d’un idéal.  Fondée sur l’Union mystique, elle exprime la solidarité dans la réalisation du Plan cosmique, dans la diversité des pensées, mais dans l’unité de l’Idée.  À l’insu des gens, c’est elle qui favorise l’évolution de la race ou de l’espèce.  La communion d’intention vise à favoriser le but évolutif de l’Humanité et du Cosmos.  Toute sa vie, l’être humain doit s’exercer à placer le bien commun au-dessus de ses attentes personnelles.  «Nul n’est une île», disait Thomas Merton.  En aucun temps, l’être humain ne peut s’isoler des autres ou du destin collectif.  L’Humanité vogue sur un vaisseau commun, sur un océan peuplé de créatures.  Chacun de ses membres ne pourra conserver sa vitalité et sa motivation qu’en se liant au Tout, dans la Source unique qui alimente tous les êtres.  En effet, toutes les vies s’expriment en relation avec une Pensée maîtresse, comme les abeilles s’activent dans la ruche.  L’essaim, composé de milliers d’abeilles, ne forme qu’un corps, régi par la reine.  La recherche de chacun s’exerce de façon compatible et complémentaire à toutes les vies, régies par le Maître cosmique.  L’Humanité ne forme, elle aussi, qu’un seul corps, ne constituant qu’une cellule du Corps mystique (christique).  Tous œuvrent, consciemment ou non, dans la Communion des Saints.  Voilà comment il faut comprendre l’expression «évolution de la race» qui s’opérera par la «fusion des cultures».  Le destin universel ainsi présenté résume la nécessité impérieuse que nous unissions nos pensées et nos intentions à celles de tous les êtres, dans tous les règnes, sous la direction éclairée de la Pensée suprême.  Non, cette attitude ne privera en rien l’Humanité, bien au contraire.  Et elle lui deviendra facile si chacun s’applique à comprendre la Loi de l’Échange et la Loi de l’Amour universel et désintéressé, imposées, de toute manière, à toutes les créatures.

Dans l’Église catholique, la cérémonie de la première communion fut instituée en France par Vincent de Paul.  Dans leurs missions, les Lazaristes catéchisaient les enfants et les faisaient approcher de la sainte table tous ensemble, publiquement, à la fin des instructions.  La rencontre se terminait par une procession solennelle où figuraient les premiers communiants, tous vêtus de blanc.  Cette innovation se généralisa pour demeurer, jusqu’à nos jours, un des principaux moyens de l’action religieuse catholique.

L’expression sainte communion se remplit du sens d’une collectivité d’êtres qui sait former une communauté spirituelle.  Elle exprime la collaboration de Dieu et de ses créatures dans le processus de connaissance de soi et, ultimement, du Tout.

© 2009-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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