LA CAUSALITÉ, LE RÉSULTAT DE L’ATTRACTION UNIVERSELLE…

En principe, les mots «Causalité» et «Karma» devraient être des synonymes parfaits, mais le dernier mot a tellement été galvaudé qu’il a pris un sens beaucoup plus étendu, comme on le verra dans l’article qui suit.  La loi de la Causalité exprime le fait que toute cause entraîne un effet identique à elle-même ou que toute action engendre une réaction identique à elle-même, conséquence du principe de l’Équilibre universel, régi par l’Intelligence cosmique, symbolisée par l’Œil divin, expression de l’Omniscience, à qui rien ne peut échapper.  Ainsi, toute pensée, toute parole, toute action et tout sentiment ou tout ressenti, conscients ou inconscients, engendrent un juste ou rigoureux retour de l’énergie qu’ils portent, jusqu’à l’épuisement de ses conséquences.causalité

Toutefois, le mal s’annule ou se détruit par lui-même, du fait qu’il s’oppose au But divin, alors que le bien se multiplie au centuple, du fait qu’il sert l’Idéal du Plan cosmique.  Comme on le voit, la Causalité s’applique autant aux faits négatifs qu’aux faits positifs.  Chacun récolte parfaitement ce qu’il a semé comme il l’a semé.  En corollaire, ce qu’un être n’a pas semé, il ne peut pas le récolter.  Toute action entraîne un débit ou un crédit cosmique.  On aurait tort d’interpréter un débit cosmique comme une sanction ou une punition et un crédit cosmique comme une récompense ou un présent.

Dans les deux cas, la Causalité ne sert qu’à retourner chacun à sa responsabilité de faire les meilleurs choix évolutifs, du fait qu’il est doté de la conscience, de la liberté et du libre arbitre.  Le retour de la loi intervient toujours à point nommé, soit au moment le plus favorable, pour permettre à celui qui l’a appelé, par ce qu’il a émis, de bien comprendre la portée de ses actes et de saisir qu’il ne peut déranger de façon irrémédiable d’autres univers ou d’autre
s schèmes de conscience.  La Causalité écarte tout retour arbitraire, mais elle prévient qu’une initiative personnelle n’entrave le processus de l’Évolution cosmique.  Le karma est une loi d’équilibre.  Mais celle-ci provient du désir de l’âme d’apprendre, et non d’une punition cosmique provenant d’un Dieu vengeur. Au niveau de l’Âme, lorsqu’un Être contribue par ses actions à alourdir la vie d’un autre Être, il se sent lié par une voie l’appelant à l’équilibre.  Il n’est pas prisonnier d’une loi universelle qui lui stipule: «Voilà, pour ta Karma-lien-de-causalitepunition, tu seras toi aussi heurté par cet être.»  Mais au niveau de l’âme, il y a une envie d’expérimenter les conséquences de ses propres gestes. Un être qui blesse les gens va sentir au niveau de l’âme une envie de comprendre ce qu’est l’expérience d’être blessé.  C’est son moyen de découvrir ce qu’est la compassion véritable.  Ainsi, il se positionnera dans une expérience similaire (variation sous un même thème) afin de comprendre concrètement ce qu’est cette expérience. On peut appeler cela le «mauvais karma», mais il s’agit plutôt d’une école d’apprentissage.  Et voilà que tout est magnifique, puisque la vie cherche à s’équilibrer d’elle-même.

Ainsi, la loi de la Causalité aide à comprendre que toute œuvre engendre, conformément à la puissance de son énergie, la rétribution parfaite, conformément à son enchaînement au moment de son accomplissement.  Nulle cause ne peut rester sans effet, comme nulle action ne peut rester sans réaction, de manière à maintenir l’Équilibre universel ou à appliquer la Justice immanente.  Voilà ce que révèle la Balance, le signe zodiacal du Juste Milieu du Ciel.  Dans ce processus, la loi n’intervient jamais pour punir, mais pour instruire et pour faire comprendre la nécessité de rétablir l’équilibre de la polarité, pour maintenir partout l’Ordre, gage de Sérénité et d’Harmonie, fondement de la satisfaction (du contentement) et du Bonheur (de la Félicité).

Il a été dit : «Tel un homme pense en son cœur, tel il est; Qui tuera par l’épée, périra par l’épée et Œil pour œil, dent pour dent.».  Tout être récolte ce qu’il sème consciemment ou inconsciemment, car toute énergie revient à son point de départ après avoir poursuivi son circuit circulaire dans l’Éther.

La Causalité désigne une loi qui, comme toutes les autres, agit de façon neutre, impersonnelle, impassible, mécanique, intangible, irrévocable, tant qu’elle n’est pas annulée ou harmonisée.  Tout s’accomplit jusqu’au moindre iota.  Pour sa part, l’homme ordinaire, le membre du troupeau, de mentalité grégaire, celui qui méconnaît la loi de la Vie évolutive et ne s’implique pas consciemment dans son accomplissement personnel, reste soumis à la loi du Talion.  Quant à l’homme éclairé ou à l’Élu, celui qui s’applique méticuleusement dans son évolution et recherche constamment son accomplissement dans la Lumière, au meilleur de sa connaissance et de ses moyens, il est régi par la loi de l’Amour, qui implique une grande compassion.

Comme on le voit, la Causalité vise à reproduire dans des proportions adéquates toute la séquence de vie d’un individu pour lui démontrer qu’il a accepté ou refusé d’agir en toute conscience.  Elle lui rapporte les effets bénéfiques de son bon vouloir et les effets maléfiques de son mauvais vouloir, de manière à le rendre plus sage, plus amoureux et plus vrai.  Elle affine son discernement et le sens de sa responsabilité éthique (de son sens des valeurs).  Cette loi n’accepte jamais comme recevable la faiblesse ou l’ignorance d’un sujet, causes de son égarement, soit ce qui découle de son inconscience présumée.  En effet, à l’Origine des Temps, au moment de la Création, Dieu a engendré l’être humain dans la Perfection, à son Image et à sa ressemblance.  Il n’est pas responsable du degré d’obscurcissement ou d’obnubilation de la conscience d’un sujet, suite à son choix de s’enfoncer au plus profond de la densité, régie par la Dualité, surtout s’il n’a pas fait grand-chose pour s’en tirer.

Du reste, dans l’application de la Causalité, Dieu n’agit pas directement : c’est la Loi cosmique, omniagente, qui agit comme un Grand Miroir réfléchissant les énergies mises en branle dans un univers, comme dans tous les univers et l’ensemble du Cosmos.  Ainsi, nul ne peut interpréter la Causalité comme l’expression d’une partialité de la part d’un Dieu qui peut exprimer arbitrairement sa complaisance ou son courroux.  C’est à tort que des Textes, dits sacrés, ont décrit l’Éternel comme un Être jaloux et redoutable qui apprécie d’inspirer la crainte, supposément définie comme le premier pas vers la Prudence et la Sagesse.  La Loi cosmique se charge de ramener naturellement tout être sur la Voie droite et directe de l’Évolution.

En vérité, le Cosmos tout entier résulte d’une série de phénomènes constants, liés entre eux par la loi de la Causalité.  Toute cause produit spontanément un effet, comme tout effet provient spontanément d’une cause.  Et Dieu est la Cause des causes.  Dans ce processus mécanique, pour qu’un effet change, il faut en changer ou en modifier la cause.  Voilà qui laisse entendre l’ineptie de toCosmosut traitement symptomatique.  On ne change pas une cause en modifiant ou en masquant le symptôme.  Une fois qu’une cause est engendrée, elle appelle un effet
rigoureusement identique à elle-même à se produire, sur le plan de conscience où elle a été enclenchée, donc dans le visible ou l’invisible.

Ces propos importent au plus haut point pour percevoir le Monde dans sa véritable perspective au-delà des illusions.  Si Dieu existe, au-delà des apparences, tout ne peut se produire que dans l’Ordre et l’Harmonie.  Croire qu’un moindre désordre puisse véritablement se produire à un niveau ou à un autre de l’existence, ce serait nier la Perfection de Dieu.  Mais il en résulte également que, dans n’importe quel schème du Cosmos, le Corps unique de Dieu, rien ne peut se produire sans cause, donc au hasard.

C’est la notion erratique du hasard, communément admise, qui amène à croire à la chance, à la fortune, au sort, aux prodiges, aux miracles et aux coïncidences.  À moins de bien définir le terme, il n’existe pas de coïncidence, mais une synchronicité.  Toutefois, cette affirmation ne remet pas en cause le principe de la Grâce divine, qui exprime la réponse amoureuse et remplie de compassion de la Source divine, suite à un appel sincère, lancé dans la pureté d’intention, par un être qui a épuisé toutes les ressources de son niveau de conscience.  A titre de Tribunal de dernière instance, Dieu peut comprendre l’appel d’un être évolutif dépassé par les événements, qu’il a envoyé en mission dans un schème enténébré, et lui répondre au-delà de ses espérances, ce qui est généralement le cas.  Quand Dieu donne, il ne donne jamais à moitié, mais il comble de bienfaits.

Voilà comment tout être peut s’investir dans l’amour le plus compréhensif et le plus généreux, dans le plus grand désintéressement, assuré qu’il ne perdra jamais sa rétribution, à moins qu’il limite lui-même un retour en s’évaluant à rabais ou en doutant de l’écoute divine.  Mais, à moins d’une intervention gracieuse décrétée par Dieu, tout dans le Cosmos se produit par nécessité, conformément au principe de Cause à Effet ou d’Action et de Réaction.

Dieu ne peut pas intervenir dans l’ordre de l’arbitraire, du privilège, de la faveur, du caprice et de la fantaisie, ce qui laisserait supposer qu’il peut accorder un traitement préférentiel et bafouer le principe de l’Égalité qu’il a lui-même établi, ce qui nierait sa Perfection transcendantale.  Par leur Source d’origine commune, tous les êtres humains sont égaux en conscience et en droits, mais ils ne sont pas tous égaux en conscience, pour avoir suivi un sentier évolutif différent ou pour avoir omis de recourir à leurs talents (à la puissance innée de leurs facultés intimes).  Ils partagent tous un héritage originel ou primordial égal.

Dans l’application de la Causalité, nul ne peut espérer de récompense, au sens d’un don matériel ou moral, destiné à souligner la pertinence qu’il ait accompli une bonne action, qu’il ait rendu un service ou qu’il ait accumulé un mérite particulier.  Agir en pleine conscience, conformément au Principe divin et aux lois naturelles, c’est le devoir même de tout être humain.  Nul ne peut escompter s’attirer une récompense pour avoir fait ce qu’il fallait faire ou pour avoir agi comme il devait agir…  Tout ce qu’il peut espérer gagner, d’une vie conforme à sa mission cosmique et à son service humanitaire, c’est d’en tirer une leçon salutaire qui ouvre davantage sa conscience et l’aide à gravir les échelons de l’Échelle cosmique.

Celui qui met un prix ou précise par lui-même la valeur de ses actes établit du même coup le salaire qu’il recevra, empêchant le centuple de se manifester.  Voilà pourquoi il importe autant de toujours agir dans le détachement, soit sans attente ni espoir d’un retour.  Pour tout acte conforme, le retour au centuple devient une nécessité automatique, d’où nul n’a besoin de forcer ce juste retour, d’en préciser la date d’accomplissement ni la teneur.  Les Maîtres du Karma s’occupent avec compétence de ces contingences, de connivence et en complicité avec son Étincelle divine.  Avec eux, rien ne se perd.

Si on comprend bien la Causalité, on comprendra également pourquoi il est inutile de chercher à se rendre justice.  Tout ce qu’on est, tout ce qu’on possède, tout ce qu’on vit, on l’a soi-même déterminé.  Chacun récolte ce qu’il a semé!  Nul n’est jamais mal luné de naissance ni ne devient la victime innocente du Sort.  Et les ennemis figurent toujours des Anges déguisés en adversaires pour aider à prendre une salutaire leçon de vie.  Voilà qui n’est pas toujours facile à accepter, mais penser autrement, c’est tenter d’échapper à sa responsabilité.  Tôt ou tard, l’injuste paiera de l’injustice d’un autre.

N’est-il pas étonnant ce deux poids et deux mesures qui porte toujours un sujet, qui se croit lésé dans ses droits, à demander le châtiment expéditif d’un fauteur, mais qui l’amène à implorer pour lui-même la clémence et des délais, quand c’est lui qui a fauté?  Pourquoi a-t-on tant de mal à croire en la Sagesse de Dieu et à exprimer la même patience et la même compassion que lui?  Après cela, on dit croire en Dieu.  Drôle de foi!  La Justice immanente sait s’occuper de tout au moment le plus opportun, le plus tutélaire et le plus salutaire pour chacun, capable d’exprimer tout juste retour dans l’impassibilité, qu’il doive s’appliquer de la façon la plus implacable ou la plus grandiose, conformément à la loi de la Causalité éthique et de l’Amour universel.  Mais Dieu, lui, ne juge pas.  Alors, pourquoi juge-t-on?  Le Maître n’a-t-il pas dit : «Ne jugez pas afin de ne pas être jugé.»  Et encore : «Faites aux autres comme vous aimeriez qu’il vous soit fait.»

Pour rendre une justice équitable, tout juge doit être certain d’être supérieur en conscience au fauteur qu’il juge et de jouir de l’omniscience qui lui permettra de tenir compte de l’ensemble de son vécu, à travers toutes ses incarnations, de manière à tenir compte des circonstances atténuantes, de sa contrition et de son ferme propos, afin de pondérer son jugement et de se soustraire à la partialité et à la démesure.  Il doit surtout être en mesure de se dégager de la rancune et de l’esprit de vindicte, qu’ils proviennent de lui-même ou de la foule haineuse, si prompte à accuser et à entreprendre une chasse aux sorcières.

La Causalité révèle Dieu comme le Principe suprême de la Loi cosmique et de l’Ordre universel.  A titre de Créateur et de Maître de Tout, il détient un droit de regard sur les actes de ses créatures, même celles à qui il a octroyé la liberté, pour s’assurer qu’elles se conforment à sa Volonté supérieure et à son Plan originel et qu’elles ne parviennent pas à interférer dans l’univers des autres.  Normalement, nul ne détient de pouvoir sur un autre et ne peut exercer sur lui la moindre influence, à moins que celui-ci ne lui en donne la permission et n’accepte son influence, consciemment ou inconsciemment.  La seule exception à cette règle résulte du fait qu’un être qui en craint un autre lui donne immédiatement un ascendant sur lui-même et renforce son emprise sur son univers.

Toutefois, tout ce qui tente de sortir de l’ordre, soit de devenir excentrique, y sera tôt ou tard ramené, de gré ou de force.  Ce processus naturel permet de rétablir l’équilibre momentanément rompu en servant une bonne leçon de sagesse.  Il indique la trajectoire qu’il est impérieux de suivre.  Lorsqu’un être refuse d’entendre raison, la Loi cosmique tranche, le plaçant en résidence surveillée, s’il est réhabilitable, mais l’éliminant, s’il n’est pas récupérable.  Tout dépend de son degré de rébellion et du danger qu’il représente pour les autres.  Dans aucun cas, la Loi n’agit par ressentiment, par esprit de représailles ou dans un désir de vengeance, soit dans la volonté exclusive de sévir.  A l’inverse, la Loi n’intervient pas davantage par favoritisme ou par préjugé favorable, lorsqu’un être accomplit le bien.

La Loi cosmique vise toujours à aider un sujet à prendre conscience de la portée de ses actes en lui rappelant la marge de sa liberté et en éveillant son discernement par rapport à ce qu’il convient de faire et d’éviter.  La Loi cosmique n’exprime jamais ni favoritisme ni laxisme.  Elle n’inflige jamais de souffrances inutiles et ne prolonge jamais une sanction au-delà de ce qu’elle impliquait naturellement.  Dès qu’un être a compris son erreur, qu’il a tiré sa leçon et qu’il a opéré les corrections nécessaires, la Causalité cesse d’agir, dût-il rester une moindre dette.  Ainsi, une petite faute peut attirer une grande sanction, si un sujet la commet dans l’intention délibérée de causer du tort, alors qu’une grande faute peut attirer une petite conséquence, s’il réintègre l’ordre rapidement de lui-même.

À la vérité, c’est le sujet qui se sanctionne lui-même par son manque de connaissance, de compréhension, de conscience.  Il provoque de lui-même et pour lui-même un court-circuit énergétique : ses vibrations se réfléchissent dans le Grand Miroir de la Loi et reviennent sur lui-même, dans un grand cercle, chargées de la même intensité vibratoire qu’il y a mise, à la manière d’un boomerang.

Il faut ici comprendre que la Causalité se répercute à travers le temps et l’espace conformément à l’intensité énergétique de l’acte commis.  Il est plutôt rare qu’elle rapplique instantanément.  Plus un être est pur, plus la répercussion revient rapidement.  Mais, dans la majorité des cas, celui qui a posé l’acte a le temps de revenir sur son erreur avant que la répercussion se produise.  Tant que ce retour ne s’est pas produit, il est encore temps d’agir pour en amoindrir ou en annuler les conséquences.

Voilà précisément ce que permettent de faire les techniques du karmayoga.  Le fauteur qui exprime son regret sincère, fait amende honorable et exprime un ferme propos de ne pas récidiver atténue grandement les conséquences de ses actes méprisables.  Il peut encore émettre des bonnes pensées à l’endroit de celui qu’il a lésé, ce qui en atténuera encore davantage les conséquences.  S’il va jusqu’à accomplir des gestes compensatoires d’amour, de bonté ou de générosité –dans le détachement, le silence et le secret– il peut dissoudre complètement les conséquences de ses actes inconséquents ou mesquins.

En fait, qu’un être comprenne ses erreurs par lui-même ou qu’il les expurge par le retour de la Causalité, cela revient au même en regard de la Loi cosmique.  Ce qui compte, c’est qu’un être tire sa leçon et amende sa conduite dans l’avenir.  Conformément au principe de l’Annulation ou de l’Harmonisation, celui qui a commis une faute dans le passé, pour laquelle la répercussion ne s’est pas encore produite, peut choisir, à tout moment, de se pardonner, de requérir mentalement le pardon de l’être lésé, de tous les témoins de son acte et de l’Univers tout entier et émettre vers lui des pensées de bénédiction équivalentes au préjudice qu’il lui a causé, d’où il réussira à annuler sa dette.  Il peut encore s’imposer une privation compensatoire, sincère et volontaire, sans danger pour lui-même, comme se refuser un petit plaisir habituel, ce qui aboutira au même résultat.  Il peut choisir de préférence de rendre un service discret à d’autres personnes, pour faire contrepoids au tort qu’il a causé, ce qui aura le même effet d’annuler la sanction de la Causalité.  Au fond, la vie reste un Grand Jeu amoureux dans lequel Dieu n’entend laisser souffrir personne inutilement.

Retenons que la Causalité s’occupe autant du retour équitable des actes mauvais que des actes bons.  C’est ce qu’on appelle le karma négatif et le karma positif.  La loi de la Causalité gère autant le bien que le mal.  Elle recouvre la dynamique intégrale de l’Intelligence cosmique, la Puissance dite cachée, parce qu’invisible, qui enregistre tout ce que fait un sujet et le lui retourne rigoureusement les conséquences agréables ou désagréables de ses choix.  C’est la Voix intime qui lui murmure ce qu’il doit faire pour veiller au meilleur de ses intérêts évolutifs.

Le Maître véritable de la Causalité, c’est le Christ cosmique, qui sait allier ou fusionner la rigueur et la miséricorde.  Ainsi, celui qui sait s’élever au niveau de la Conscience christique, s’élève au-delà de la Causalité.  Aux niveaux où elle s’applique, du plan physique ou plan causal, cette loi vise à corriger les carences du mental, source des émotions délétères, et les infirmités physiques, de manière à rendre l’être plus pur ou plus subtil.  Elle permet progressivement à un être incarné d’ouvrir sa conscience à la Lumière de l’Esprit de sorte que celui-ci puisse agir à travers lui librement, donc sans obstacle, par l’intermédiaire de l’âme, jusqu’à l’illuminer complètement.  C’est le Fouet secret ou l’Aiguillon acéré qui oriente vers le Savoir, la Connaissance suprême.

Par le juste retour des conséquences de ses actes, la Causalité rappelle à l’être évoluant que tous les principes qu’il viole devront être compris et respectés jusqu’aux profondeurs des origines, ce qu’on appelle la Nuit des Temps.  Elle démontre que, malgré sa liberté, il devra, tôt ou tard, de gré ou de force, devenir présent au Cosmos, prendre conscience de l’Unité du Tout et s’accomplir dans sa Perfection.

Parfois, on parle de «causalité éthique», un principe qui exprime le fait que tout ce qu’un être dit, pense, ressent ou fait, consciemment ou inconsciemment, lui revient tôt ou tard, conformément à l’intensité de l’énergie émise, pour tisser la trame de sa vie, le mal se détruisant par lui-même, mais le bien se multipliant au centuple, tout cela non pour punir, mais pour faire rappeler comment fonctionne l’Énergie cosmique qui est neutre.  Toutefois, par la loi corollaire des correspondances, cette loi peut se compliquer, celle-ci pouvant améliorer ou aggraver une situation.   En effet, cette loi veut qu’un taux vibratoire se marie automatiquement à tous ceux qui lui ressemblent et s’exercent en même temps que lui dans le temps et l’espace.

Dans le contexte de la rétribution, le choc en retour décrit l’effet d’une causalité négative brutale en réponse directe à une initiative contraire à la Loi cosmique et à ses principes.  Il s’agit d’un événement engendré par la réaction d’une force préjudiciable, sur un sujet, mais qu’il a lui-même mise en branle, consciemment ou inconsciemment, maladroitement ou à mauvais escient.  Cette force se retourne contre lui, décuplée, au terme de son circuit énergétique, parce qu’elle n’a pas trouvé de destinataire réceptif ou ouvert à ses manœuvres illicites.  On dit que c’est la rétribution qui attend, tôt ou tard, le profane, l’imposteur ou l’apprenti-sorcier qui s’adonne à la magie noire, à la magie grise, à la sorcellerie, au spiritisme, aux arts divinatoires inférieurs, à l’astralisme, au fétichisme, aux charmes et aux envoûtements, aux opérations magiques nuisibles, aux créations d’égrégores, à la pratique de l’évocation des morts, à l’usage des drogues psychiques, à la tenue de rites sexuels, etc.  Il s’agit du contrecoup d’un événement sur la personne qui l’a provoqué.  Dans ce cas, on parle parfois de «boomerang psychique».

LA NOTION ORIENTALE DE KARMA

Le mot «karma», qui provient du sanscrit, signifie «leçon», «travail», «tâche», dans le sens de «fruit des œuvres» ou de «résultat des actes posés».  Ainsi, le karma désigne à la fois l’action et la conséquence des actes.  Il résume le but d’une incarnation pour en tirer une compréhension et un témoignage.  Il renvoie à la Causalité éthique ou à la Justice immanente, à la Juste Rétribution des actes, à la Grande loi neutre et impartiale de la distribution ou de la répercussion de l’Énergie cosmique.  Il s’agit d’une voie d’exploration où toute tendance est inversée.  On pourrait l’appeler le Livre des règles du Jeu amoureux de la Vie qui rappelle que tout ce qu’un être fait, dit, pense et ressent, consciemment ou inconsciemment, entraîne des conséquences identiques.  Au moment le plus opportun ou au terme de sa course cosmique, l’énergie de l’acte revient sur le sujet qui l’a posé, selon la force qu’il y a incluse, le mal se
détruisant par lui-même, mais le bien se multipliant au centuple.

La plupart du temps le karma est considéré comme la somme des expériences non achevées, non libérées et non résolues de ses vies passées auxquelles on doit se confronter de nouveau. De cette façon, l’idée est que chacun devrait subir les conséquences de nos actes passés, assumer les effets des bonnes ou mauvaises décisions qu’il a prises antérieurement (loi de cause à effet).  Cependant, le karma est aussi un élément positif dans le sens où il offre en héritage tout ce qu’on a réalisé, tout ce qu’on a développé comme talent ou qualité,Karma et à profiter de l’évolution et des moments d’éveil de la conscience déjà accomplis. De ce fait, le karma devient la somme de tout ce qu’on a fait de son Être par le passé et qu’on ramène avec soi d’incarnation en incarnation dans les bagages de son âme.

Ce Code des leçons de vie active tout le processus des actes d’un sujet pendant son incarnation afin de lui faire comprendre le jeu des énergies. Ce qu’un sujet vit par son karma ne constitue ni une récompense ni une punition pour ses actes passés, mais une leçon de vie pour grandir en conscience conformément à son plan de vie. De ce fait, les Hindous lui ajoutent à tort les expériences résiduelles des incarnations passées, ce qui leur permet de faire perdurer le système des castes.  Globalement, le karma est le moteur de la réalisation planétaire qui vise à illuminer la Terre et l’Humanité et à les transformer.  Pour l’individu, il identifie la planification qu’il a établie avant de naître pour participer à l’expérience terrestre collective.  Cette planification se fait au niveau astral sur un fondement qui implique d’une expérience mène naturellement à une autre.  Ainsi, ce qui est acquis l’est pour l’éternité.  Toute leçon apprise et maîtrisée dans le passé ne peut être répétée.  Le contrat de vie de chacun change au fur et à mesure qu’il élève ses vibrations.  Au terme d’un cycle d’incarnation, au moment de la Pesée de l’âme, l’Esprit universel ne juge ni si l’individu qui a choisi une leçon l’a comprise ni la direction qu’il a prise, mais il honore le fait qu’il ait avancé sur la Voie évolutive.  Cette loi artificielle a été abolie au cours des dernières années.

 Aussi pourrait-on croire que les mots «Causalité» et «Karma» représentent des synonymes parfaits qu’on peut utiliser indifféremment l’un pour l’autre.  Si on définit bien les termes, cela peut aller.  Mais, dans la majorité des textes orientaux, tel n’est pas le cas.  Dans les religions hindoues et bouddhistes, qui croient à la réincarnation, le mot Karma désigne les dettes qu’un sujet accumule au cours de ses incarnations successives, parce qu’il n’a pas appris complètement les leçons évolutives de chacune de ses expériences terrestres.  Ainsi, prisonnier de la Roue des Existences, doit-il renaître, après s’être tracé un plan de vie qui tient compte des faiblesses larvées qu’il conserve, pour éliminer ses dettes et, ce faisant, ouvrir sa conscience, jusqu’à ce qu’il puisse accéder au Nirvana.  Le danger pour lui, c’est que, du fait que sa conscience s’obscurcit à sa naissance, s’il ne comprend pas le sens de la vie et ne respecte pas les lois, il s’expose à aggraver ses dettes karmiques au cours de son incarnation.

Cette philosophie des Orientaux les a rendus très fatalistes et résignés, parfois blasés, en regard de leur destin ou de leur sort.  Ils croient devoir accepter leurs conditions de vie sans protester, donc telles qu’elles sont, même si elles sont très détestables, misérables ou méprisables.  Car, s’ils savent se soumettre de bon gré, soit dans l’impassibilité et la sérénité, aux épreuves de l’existence, déterminées à l’avance par leur plan de vie, et s’ils réussissent à progresser dans l’Échelle évolutive, par leur bonne conduite, ils renaîtront dans des conditions et des circonstances meilleures.  Sur la Terre, ils pourront notamment s’élever de caste en caste, améliorer leur état de santé et d’abondance.  A l’inverse, s’ils cessent d’évoluer ou régressent au cours de leur présente vie, ils se retrouveront, dans la vie suivante, dans des circonstances et des contingences pires encore, pouvant même devoir renaître dans des corps d’animaux ou de plantes.

Effectivement, au cours des dernières ères zodiacales qui ont suivi la fondation de l’Atlantide, les Maîtres-Recteurs de la planète Terre avaient sommé Dieu d’approuver leur projet arbitraire d’imaginer et d’imposer cette loi inique à l’Humanité, sans quoi ils refuseraient d’en assurer le gouvernement.  À leur avis, c’était la seule façon de mettre au pas une société à la nuque raide.  C’est ainsi qu’ils inventèrent de façon aléatoire les mythes de la récompense éternelle au Ciel pour les Élus; de la purification probatoire, mais temporaire, au Purgatoire pour les pécheurs sans malice; de la résidence éternelle dans l’oubli des Limbes pour les enfants décédés en bas âge sans avoir été oints par un chef religieux; et du châtiment éternel dans les supplices de l’Enfer pour les impies.

À vrai dire, la loi du Karma n’a jamais existé que dans la pensée des êtres ignares qui avaient choisi d’y croire, de s’y conformer et de l’activer dans leur vie.  Il s’agissait d’une loi artificielle, sans fondement licite et légitime, qui n’en a pas moins accompli des ravages dévastateurs en regard de l’évolution de l’Humanité.  Le Créateur en avait averti les Maîtres et les petits Dieux qui veillaient sur la planète, mais ils durent douter de sa parole puisqu’ils n’en ont pas tenu compte et ont osé le défier.

Nous ne voulons pas entrer dans les détails de ces péripéties.  L’esprit curieux pourra en apprendre davantage à ce sujet en s’en remettant à d’autres sources.  L’important c’est de retenir que cette loi a été annulée en 1985 par la Hiérarchie invisible et qu’elle a été remplacée par la loi originelle, beaucoup plus responsabilisante, de la Sélection des âmes.

Ainsi, ce qui distingue la Causalité du Karma, c’est que ce dernier implique un retentissement des conséquences des actes d’une ou de plusieurs vies antérieures dans sa présente incarnation.  Car, si un sujet n’a pas entièrement payé sa dette karmique dans une vie, il doit en assumer les conséquences dans une vie suivante.  Il désigne une expérience de vie qui résulte d’un système de croyances faux, qui serait transmis d’une vie à une autre, jusqu’à ce qu’il soit élucidé et réajusté à la Réalité supérieure.  N’est-ce pas étrange que, malgré le fait qu’un sujet oublie presque totalement les expériences de sa vie précédente, à part quelques impressions ou éclairs de déjà-vu ou de déjà-vécu, au moment d’une nouvelle incarnation, il doive continuer d’en subir les conséquences?

En mots clairs, le Karma identifie ce concept erroné et erratique selon lequel la somme des actes accumulés pendant toute la vie d’un sujet incarné déterminerait son destin dans la vie suivante.  Il traduit un acte engendré par le désir, générateur d’autres désirs, qui asservit et emprisonne dans la Roue des Renaissances, par ignorance ou indolence.  Il impose que le mal commis au cours d’une incarnation sur la Terre soit sanctionné par un retour à une vie de souffrance personnelle, alors que le bien accompli favoriserait progressivement la Libération finale des plans denses.

Cette conception impliquerait que ce n’est pas l’âme qui ferait le choix du genre de vie terrestre qu’elle mène, mais l’application de la Loi cosmique immuable qui établirait une attraction entre l’âme et un corps adapté à son degré d’évolution, afin de mener les expériences de prise de conscience dont elle a besoin pour accomplir sa Maîtrise totale ou pour parvenir à l’Illumination.

Selon certains auteurs, le Karma ne pourrait pas être dissous ou harmonisé, il ne pourrait qu’être différé dans le temps.  Toute âme qui choisit la Voie évolutive de l’incarnation aurait besoin du principe de la Répercussion pour sentir dans ses cellules et ressentir dans tout son être ce qui s’installe en elle et elle augmenterait son rayonnement lumineux par des expériences qui amplifient sa compréhension.

Dans ce processus, c’est le Karma différé qui empêcherait un sujet d’avancer dans sa vie présente.  Aussi, pourrait-il arriver qu’il soit supprimé temporairement de sa vie et qu’il soit remis au moment le plus opportun, dans une autre vie.  En effet, toute Causalité devrait agir à travers son être pour développer sa compréhension parfaite des lois de la vie dans un ressenti profond.  Il devrait expérimenter dans son être qu’une réalité est bien comprise et il devrait la vérifier une dernière fois pour ressentir la satisfaction complète de sa réussite.  C’est ainsi qu’il prendrait conscience de sa grandeur originelle.

Le Karma qui, comme la Causalité, exprime l’enchaînement des causes et des effets, garantirait le maintien de l’Ordre dans l’Univers.  Les actes humains seraient inéluctablement liés à leurs conséquences et celles-ci engendreraient des situations dont les auteurs de ces actes auraient été responsables dans cette vie ou dans des vies antérieures.  Tout être devrait donc développer cette conscience que tout ce qui arrive doit être conçu comme une juste rétribution.  Tout se tiendrait dans une durée qui engloberait et dépasserait le temps d’une existence individuelle.

Pour se former, la conscience prendrait appui sur ce qu’un sujet a l’intention de faire, sur ce qu’il projette et sur ce dont il se préoccupe.  Cette vision plutôt singulière associerait ainsi la liberté humaine à l’Ordre universel, reliant dans un ensemble coordonné du physique et du spirituel (sens des valeurs).  Ainsi, le déterminisme cosmique n’existerait que pour la conscience obnubilée par l’ignorance, le Karma dépendant du degré de conscience.  L’être humain déciderait donc de son sort par ses actes, ce qui comprend, comme on l’a dit, ses pensées, ses paroles, ses sentiments et ses actions conscients et inconscients.

Tout bien compris, le Karma exprimerait le périple évolutif d’un être sur la Terre à travers des étapes fondamentales prédéterminées avant son incarnation.  Ce périple viserait à opérer des mutations dans sa conscience pour l’amener à vivre dans l’harmonie et à s’épanouir spirituellement.  Mais, ainsi conçu, le processus de la vie illustrerait que Dieu est un sadique alors qu’il est la Source de l’Amour.  L’unique sanction que Dieu pourrait imposer à sa créature serait de l’obliger, si elle a interrompu une œuvre d’amour, à la poursuivre.  Mais cela, c’est un aspect de la Causalité bien peu méchant, voire très amoureux.  Et il y a fort à parier qu’il exigerait que cela soit accompli dans la même vie ou l’interruption s’est produite.

Quoi qu’il en soit, si un être accumulait un Karma, de vie en vie, ce serait bien davantage parce qu’il ne sait pas se pardonner ses erreurs, par excès d’orgueil ou de culpabilité, au moment de sa transition (de sa mort).  Alors, il n’aurait qu’à s’en prendre à lui-même pour cette méprise grossière sur le sens de l’existence.  Dieu a tout pardonné par avance et prévenance.  Et il a hâte d’accueillir ses bien-aimés dans son Royaume de Gloire et de Béatitude.

Les Initiés enseignent que les Maîtres du Destin ou du Karma n’imposent aucune expérience particulière à une âme en instance d’incarnation.  Ils se contenteraient de réviser, avec elle, les choix évolutifs qui s’offrent à elle, la laissant parfaitement libre de ses décisions.  Ils préfèrent lui expliquer les implications de la loi de la Sélection des âmes, qui l’appelle à une grande responsabilité à l’égard de sa conduite sur la Terre.

La seule conclusion qui puisse permettre de fermer cette étude avec justesse, c’est que, dans la dynamique actuelle de l’Instant éternel, où le passé et l’avenir se sont abolis, il n’y a plus ni cause ni effet parce qu’ils sont tellement fusionnés l’un dans l’autre qu’ils  ne font plus qu’un (même qu’ils n’existent plus).

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Le karmayoga représente une expression occidentalisée pour désigner le «service dans l’abnégation» ou l’«accomplissement de son devoir d’état dans une conscience éclairée».  Il conseille d’accomplir des œuvres dans le détachement, dénués d’intérêt personnel, sans attente, sans désir de retour ou de récompense.  En fait, le sujet les pose à seule fin de racheter ses fautes passées ou, mieux dit, de rétablir ses déséquilibres du passé, avant que leur répercussion ne se manifeste, en les harmonisant ou en les vidant d’énergie.  Il correspond au «karmada nayoga», qui peut se traduire par le «Yoga du don des actions au Seigneur de l’Univers».  Il invite à offrir ses actions et ses prières à l’Être suprême, à servir sans attente de retour, à produire des activités sans rétribution.  Il suggère de prier le Maître absolu pour le Monde et l’Univers et de participer de façon désintéressée l’Évolution cosmique.  Il permet de voir le divin sur tous les visages et dans tous les êtres en exprimant l’esprit de service et la compassion. Il amène à se considérer non comme celui qui accomplit l’action, mais comme un instrument de l’Être suprême, là où on se trouve, pour mieux aimer et servir, dans le désir sincère de partager avec les autres et de les aider à  évoluer.  De ce fait, toute implication doit être mue par l’amour divin sans attention aux incitations des désirs égoïstes.  Par ses bonnes actions discrètes, silencieuses, secrètes, menées sans autre intention que de se purifier, un être peut contribuer à dissoudre ses dettes en regard de la Causalité.  Ces techniques permettent de réduire les conséquences de ses karmas passés.

© 1986-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

  

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