DIEU, LA CÉSARIENNE REPRÉSENTE-T-ELLE UNE INTERVENTION HUMAINE SUSPECTE DANS LE PROCESSUS NATUREL DE L’ACCOUCHEMENT?

Pour bien s’entendre, la césarienne renvoie à l’opération chirurgicale qui consiste à extraire un fœtus du sein de la mère, pour une raison médicale.  Elle s’obtient par une incision pratiquée dans l’abdomen et l’utérus de la mère pour en extraire un bébé qui, pour une raison ou pour une autre, ne peut naître par les voies naturelles.  Il faut distinguer deux types d’intervention : l’intervention planifiée, déterminée au cours de la grossesse, et l’intervention d’urgence, lorsque la santé de la mère ou celle du bébé est compromise.

En principe, ce n’est jamais impunément que vous dérogez à l’Ordre cosmique ou aux règles de la Nature.  En effet, toute personne qui aime la vie a le droit de recourir aux cesariennemoyens licites qui peuvent prolonger la sienne, dans la mesure où elle survient dans un contexte de bonne qualité et dans la mesure où ces moyens se démontrent bons pour elle et pour toutes les personnes concernées.  En regard du fœtus, contrairement à ce que certaines religions décrètent, la femme en danger conserve un droit de regard prioritaire sur les choix qui s’offrent à elle pour se tirer d’une situation périlleuse.

Dans ce contexte, le procédé artificiel de la césarienne devrait être utilisé pour faciliter un accouchement difficile ou impossible par les voies naturelles.  À titre indicatif, ce moyen peut devenir indiqué dans les cas suivants : le fœtus, mal placé, se présente par le siège (les fesses ou les pieds en bas) ou à la transverse (à l’horizontale) dans l’utérus de la mère;  le fœtus représente un volume exagéré par rapport à la grosseur du bassin de la mère;  il s’agit d’un fœtus prématuré (d’un poids trop faible – hypotrophie), qui souffrirait d’un accouchement par les voies naturelles; il s’agit d’une grossesse multiple (jumeaux, triplés ou davantage), ce qui laisse croire que l’un des fœtus risque d’être mal placé;  la mère est atteinte de troubles psychologiques qui provoquent le vaginisme (des spasmes musculaires du vagin qui l’empêchent de se contracter).  Comme plusieurs le savent, lors de l’accouchement, la césarienne peut même devenir inévitable dans les cas suivants : le médecin a identifié le trouble du «placenta praevia» (à savoir que le placenta obstrue partiellement ou complètement le col de l’utérus ou que le placenta risque de se détacher de la paroi utérine);  la mère souffre d’une condition médicale particulière, notamment du diabète non contrôlé ou d’un problème cardiaque;  le fœtus supporte mal le travail, ce dont les intervenants obtiennent l’évidence par le fait que son rythme cardiaque laisse présager qu’il pourrait manquer d’oxygène;  le col de l’utérus de la mère ne se dilate pas ou le fœtus ne descend pas;  le cordon ombilical obstrue l’utérus ou il gêne le passage du fœtus;  pour une raison ou pour une autre, l’accouchement naturel représente un danger pour le bébé ou pour la mère ou pour les deux.

Au cours des dernières années, la notion de la pratique de la médecine est passée de celle de la vocation à celle de carrière, de profession ou de service public.  C’est une manière de dire que, en ce domaine, comme dans bien d’autres, les aspects éthiques et moraux de la pratique se sont édulcorés.  Nul n’appelle les médecins à se dévouer plus que les autres êtres humains.  Pourtant, s’il est pourvu de conscience, celui qui choisit une profession directement reliée à la santé ou au secours des gens est appelé à y mettre plus d’attention, de soin et de cœur.  En fait, tous les êtres humains devraient exercer leur rôle fonctionnel dans l’état le plus amoureux qu’ils le peuvent.

Depuis trop de temps, pour ce qui à trait au choix médical de procéder à un accouchement par la pratique de la césarienne, de plus en plus de praticiens préconisent ce recours par complaisance ou par facilité, par exemple pour s’assurer des congés paisibles ou pour éviter d’être débordés les fins de semaine.  Du côté des femmes enceintes, plusieurs d’entre elles préfèrent également cette méthode d’accouchement, moins douloureuse, parce que pratiquée sous anesthésie locale.  Et vous savez très bien que les femmes qui ont procédé à leur premier accouchement par césarienne reviennent difficilement à la méthode de l’accouchement naturel.  Elles croient que ce moyen, devenu fort sécuritaire, ne peut que leur faciliter la vie et celle du nouveau-né.

Ainsi, sous presque tous les rapports, il semble s’agir d’un procédé chirurgical parfaitement justifié puisque, apparemment, la femme en souffre peu et que le nouveau-né semble ne pas en souffrir.  Mais détrompez-vous : avec le temps, vous ne pouvez que constater que de plus en plus d’enfants, nés de cette manière, ont de la difficulté dans la vie, qu’ils ont des problèmes relationnels et qu’ils échouent facilement devant le moindre obstacle.  Bien que ces symptômes ne semblent pas reliés, vous devrez admettre qu’ils ont de la difficulté à faire confiance aux grandes personnes ou aux personnes plus âgées qu’eux, qu’ils n’ont pas naturellement la fibre du courage et de l’audace et qu’ils respectent moins le bien d’autrui que les générations qui les ont précédés. Ainsi, beaucoup d’enfants nés de cette façon ont de la difficulté à accepter l’autorité et ils réussissent mal dans la majorité des domaines qui exigent un effort.  Surtout, ils vivent sans réelle motivation, incapables de se fixer un but ou un idéal, presque tout au long de leur vie, quand ils ne deviennent pas de grands dépendants affectifs.

Dans les sociétés occidentales, il est évident que la délivrance par césarienne est nettement banalisée.  Pour preuve, les médecins révèlent peu les dangers consécutifs à ce mode d’accouchement.  Pourtant, après l’intervention, d’une part, la fatigue occasionnée par l’opération s’ajoute à celle de l’accouchement, ce qui peut retarder la montée de lait et compliquer le rétablissement.  De même, la cicatrisation des plaies peut se démontrer douloureuse, surtout à l’occasion des contractions de l’après-naissance, même que des douleurs abdominales peuvent accompagner la reprise du transit intestinal. Dans ces cas un régime spécial peut être envisagé.  Ainsi, si, pour le bébé, l’accouchement par césarienne se révèle moins dangereux que l’accouchement naturel, c’est l’inverse qui se produit pour la mère.  En effet, les complications infectieuses avèrent être trois fois plus fréquentes que lors d’un accouchement naturel, sans parler des risques de phlébite, d’embolie pulmonaire et d’hémorragies tardives qui, bien qu’exceptionnelles, peuvent se produire.  En outre, le recours à la césarienne peut entraver les premiers stades émotionnels de la relation entre la mère et l’enfant. Enfin, sans vouloir semer l’émoi, bien que le taux de mortalité des femmes pendant l’accouchement par césarienne reste faible, il est de quatre à cinq fois plus élevé que lors d’un accouchement les voies basses.

Pour toutes ces raisons, la naissance par césarienne ne devrait pas être retenue comme un moyen de se faciliter la vie, ni par le médecin ni par la femme enceinte, mais comme un moyen d’éviter des complications pathologiques prévisibles à long terme ou de contrer une catastrophe au moment même de l’accouchement.

 

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Une réponse

  1. Eugénie

    Article tout à fait juste et très bien documenté, bravo ! C’est tout à fait ce que j’ai vécu : une première césarienne car mon enfant ne s’engageait pas, équipe pressée par le temps, aucun accompagnement, une vraie catastrophe pour moi… et le début d’une série de trois ! heureusement j’ai pu faire le début du travail à chaque fois mais pas l’expulsion. C’est l’immense regret de ma vie de femme et je dois en faire le deuil. La médecine dite ‘moderne’ est une catastrophe pour notre espèce, je suis moi-même née par césarienne, donc déjà de la 2ème génération… Où va le monde ?…

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