AUTRUI, C’EST LE PROCHAIN QU’IL A ÉTÉ DIT D’AIMER COMME UN AUTRE SOI-MÊME…

En spiritualité, la Règle d’Or stipule que chacun doit savoir aimer autrui et en témoigner en lui faisant comme il aimerait qu’il lui soit fait, mais en écoutant l’avis de la voix de sa conscience afin de lui faire ce qu’on ressent le plus évolutif pour lui, plutôt qu’en exécutant sa demande comme il la présente ou son attente comme il l’exprime.  Mais le précepte ne précise pas qui est autrui et ce qu’il peut représenter pour l’être appelé à le traiter ainsi?  Alors, chacun a intérêt à comprendre que le prochain englobe tous les autres êtres humains, ces autres lui-même, surtout ceux qu’il attire dans son champ d’énergie pour jouer des rôles compatibles et complémentaires, à la manière d’un miroir, pour en apprendre davantage sur lui-même.  Du point de vue spirituel, les autres forment l’image extérieure de son Soi intérieur ou les autres facettes de l’Absolu qui veut seulement aimer et servir d’une façon impersonnelle, inconditionnelle et désintéressée.

Connu ou inconnu, ami ou ennemi, concitoyen ou étranger, autrui désigne toujours un membre de la Grande Famille humaine et du Corps mystique de Dieu. Autrui sert de moyen de réfléchir vers soi sa propre image.  À cause de la subjectivité et de la partialité, il est plus facile de voir dans les autres qu’en soi-même.  C’est pourquoi l’Univers instruit souvent un être en plaçant sur son chemin un semblable qui lui révèle ce qu’il est en train d’apprendre sur lui-même ou de découvrir de lui-même.  On ne prêterait jamais la moindre attention à un trait de
personnalité ou à une partie d’un autre si on n’était soi-même en train de travailler sur ces mêmes points.

Voilà pourquoi il faut éviter de juger et de projeter ses travers sur les autres en les choisissant comme boucs émissaires.  Les autres sont ses maîtres et ils méritent toute sa considération, même si, remplis de haine, ils se comportent en ennemis.  Toujours, ils sont des émissaires de Dieu et des messagers de la Lumière.  Chacun gagne à toujours retenir qu’il attire immanquablement à lui les diverses réalités de son vécu par des correspondances subtiles, des affinités mutuelles, des complicités voilées, même les êtres croisés comme au hasard de sa route.  Chacun doit toujours chercherfoule-sunshine chez autrui ce qui l’unit à ses semblables plutôt que ce qui les divise, fait augmenter la négativité et provoque la tristesse.  En se centrant exclusivement sur ce qu’il y a de bon dans les autres, il leur permet de s’épanouir au maximum.

Dans un autre ordre d’idée, nul ne peut, par manque d’autorisation cosmique, manifester une quelconque réalité pour un autre, car, pour que le procédé fonctionne, il faut que l’autre soit entièrement impliqué.  D’ailleurs, il n’est pas évident de savoir ce qui est parfaitement juste pour autrui ou lui est approprié.  C’est en travaillant sur lui-même que l’être incarné peut obtenir des résultats chez les autres;  c’est en s’harmonisant qu’il harmonise son milieu et son entourage.  Nul ne peut harmonise l’autre, mais il peut s’harmoniser pour le forcer à partir ou à s’harmoniser.  Mais il doit veiller à éviter de chercher à influencer l’existence de quiconque alors qu’il n’est pas à même de savoir ce dont un autre, d’après son plan de vie secret, a réellement besoin pour prospérer matériellement et croître spirituellement.  Pour connaître autrui, un être doit s’élever sur le plan de son âme où il peut capter sa vibration spirituelle dans sa vérité.  Alors, nul ne gagne à se fier à l’apparence d’un autre, à son visage, à ses vêtements, à sa provenance, à ses origines, à sa formation, bien qu’il puisse tirer bien des informations de sa voix qui exprime sa manière de penser.

L’autre, comme soi, agit toujours de son mieux, par rapport à ses expériences passées, aux circonstances présentes, aux croyances qu’il entretient, donc par rapport à son degré de conscience et à sa mission présente.  Au lieu de le juger et de le critiquer, ce qui divise et éloigne, chacun devrait se demander ce qu’il peut faire pour rendre sa vie meilleure.  Le premier pas consiste à l’aimer exactement comme il est et d’éviter de tenter de les changer.  Ensuite, il rayonner vers lui sa lumière, l’entourer d’Amour pur, sans rien lui imposer.  En lui envoyant des pensées d’amour, il le renforce et il ‘aide à s’attirer le meilleur dans sa vie.

Pour savoir comment un autre ressent l’une de ses connaissances, il suffit à cette dernière de vérifier, dans la détente, ce qu’il ressent lorsqu’elle pense à lui.  Da
ns le domaine du ressenti, un être peut toujours savoir, sans avoir à le questionner, comment l’autre réagissent à ce qu’il est.  Lorsqu’il choisit de penser à une personne précise, afin de découvrir ce qu’elle pense de lui, il lui faut écouter son ressenti plutôt que ses interprétations, ses spéculations ou ses cogitations mentales.  Alors, s’il sent de la résistance ou de l’irritation en pensant à elle, c’est que celle-ci ne pense pas à lui et qu’elle ressent la démarche comme une intrusion.  Mais s’il sent une expansion intérieure et de la chaleur au niveau du cœur, il sait que l’autre personne se réjouit de vivre cette communication télépathique.  Mais il doit s’assurer, pour bien capter les impressions qui en émanent, qu’il intervient dans la détente, bien centré, dégagé de tout jugement et de toute émotion.

Autrui, c’est le prochain, quand le prochain désigne tout autre être humain considéré comme un semblable ou l’ensemble des hommes perçus comme une même espèce, une même famille génétique ou comme un membre de l’Assemblée mystique (de la Communion des Saints).  Ainsi, le prochain inclut tous les semblables d’un être humain en tant que membres de la grande famille humaine, appelée humanité, issue de Dieu.

En vérité, chacun représente une cellule du Grand Corps mystique et de la Grande Âme universelle.  Lanza del Vasto éclaire davantage sur ce point en précisant: «Quand ton œil simple aura découvert le Moi-même, il te montrera la réalité de l’Autre, du Prochain: tu verras cet autre moi…  Qu’est-ce que le Prochain à l’état pur et brut?  Nous l’avons dit: c’est celui qui ne m’est rien, qui n’a rien pour me plaire, qui n’a rien à me rendre.»  En cela, le prochain englobe autant ses êtres chers et ses connaissances que celui qui échappe à ses préférences ou qui éveille son antipathie.  L’autre est l’autre, un frère différent, digne d’amour, que nul ne peut façonner à son image ou tenter de le faire.  Car nul n’est autorisé à pousser dans le dos de l’autre, le forcer à aller plus vite qu’il ne peut, à évoluer autrement qu’à son rythme.  Voulant s’en tirer, pour répondre agréablement ou l’avoir insidieusement convaincu de ses prétentions, il pourrait prendre la mauvaise sortie, quitter sa route, se dépersonnaliser et commencer à régresser!

Plus qu’une invitation à la tolérance, c’est un appel à l’acceptation de la différence, à l’équité, au respect, à la miséricorde, à la justice… à l’amour impersonnel.  Nul ne peut exclure un seul être de son amour.

Aimer, c’est chercher à rétablir la cohésion ou renforcer les liens dans la Conscience de l’Unité.  C’est s’allier à l’Infini derrière le voile de l’autre, c’est percevoir Dieu en lui au-delà des apparences.  Chacun peut connaître un autre à partir de ce qu’il croit qu’il est ou représente, car, de la même manière que l’autre lui sert de miroir, il lui retourne également son propre reflet.   Mais il faut ajouter que cette affirmation est réversible: chacun peut apprendre à se connaître en considérant ce qu’Il pense de son prochain.

Dans la vie des gens ordinaires, au sens de non éveillés, qu’est-ce que les gens font des autres?  Ils ne leur accordent que le droit d’être leur apparence, ce qu’ils perçoivent d’eux, et ils ne veulent pas changer leur verdict à leur endroit.  Pourtant, l’autre est d’abord un miroir puisqu’il est amené dans son parcours par la loi de l’Attraction.  Par son altérité, le prochain représente une énigme personnelle qui ne peut se pénétrer qu’au niveau de l’âme, dont par voie du cœur, l’organe de l’amour vrai.  En chacun des êtres humains couve cette merveilleuse flamme, sœur de la sienne.  Elle ne demande qu’à grandir au contact de la lumière de l’Absolu à travers les autres.  Mais, pour rayonner correctement sa réalité, chacun doit commencer par cesser de classifier les autres, de les juger, de leur apposer des étiquettes.  Surtout qu’un être ferme ralentit sa propre évolution chaque fois qu’il ferme la porte de son cœur à l’un de ses semblables.  En effet, il empêche alors qu’une œuvre productive s’accomplisse ailleurs, une œuvre qui serait rentable et bénéfique même pour lui  Tout se tient!  Nul n’est une île!

La notion de prochain engendre d’autres considérations pertinentes.  Dans la vie, chacun gagne à s’occuper de ses propres affaires et à bien le faire, en se retirant le nez de celles d’autrui.  Une maxime spirituelle précise : «Il faut vivre et laisser vivre.»  Par la Causalité, la bien se multiplie naturellement au centuple, alors que le mal se détruit par lui-même, sans requérir d’aide ni de pression.  Aussi, chacun s’épargne-t-il des difficultés supplémentaires en évitant de s’immiscer dans les affaires des autres.  Chacun est appelé àAutrui porter assistance à autrui uniquement s’il est appelé à le faire, que s’il est cosmiquement autorisé à intervenir, que s’il  a envie de le faire et que s’il détient les moyens et la compétence pour s’impliquer.  Nul ne s’attire de retour lumineux s’il présume de ses moyens et s’il s’en sert pour épater a galerie, en tirer du prestige, en obtenir un avantage.  Nul n’a le droit de s’ingérer dans les affaires des autres parce que cela va à l’encontre de la loi de l’Autonomie, dont les corollaires sont l’innocuité et la non-intervention.  Du reste, dans une relation, la personne la plus efficace n’est pas celle qui se démontre la plus pressé d’intervenir, ni la plus loquace, ni la plus démonstrative: c’est la plus calme, la plus sûre d’elle-même, la plus vraie, la plus éclairée, parce que la plus amoureuse qui remporte la palme.  Et, habituellement, dans sa grandeur de conscience,  elle choisit de rayonner dans le silence, la discrétion, le secret.

Peu importe son degré de conscience, conformément au plan de son âme, l’autre reste le seul à savoir ce qui est vraiment bon pour lui.  Il doit se procurer ce dont il a besoin par ses propres moyens.  Pour sa gouverne personnelle, il n’est pas tenu de s’en remettre au jugement de qui que ce soit, de tenir compte du regard d’autrui.  Du reste, il lui est interdit d’adopter les attitudes, le comportement, les paroles, les pensées, les ressentis des autres sans discernement, à la manière d’un automate.  Toute relation humaine qui impliquerait de la soumission, de la dépendance, de la servilité, se désavouerait par elle-même, allant à l’encontre de le libre arbitre qui comporte un devoir d’indépendance et d’autonomie, sans faire abstraction de la fraternité et de la solidarité.

IL en va de même pour la domination, l’imposition par la force, les jeux de pouvoir et d’influence.  Ce sont là des atteintes à la dignité et à la liberté, des principes qui impliquent que nul n’a le droit de se prononcer sur la validité de l’expérience d’un autre.  Il paierait très cher un tel jugement, avec les interventions indues qu’il choisirait de faire, car il s’attirerait dans sa propre expérience, par le canal subtil qu’il aurait formé, dix pour cent des ombres de celui qu’il tente d’aider sans motifs licites et légitimes.  Ainsi s’exprime la Loi unique de l’Absolu qui a permis l’individualisation.  Il faut renvoyer l’autre à sa liberté inaliénable qui impose d’accepter qu’il parte, revienne ou s’éclipse à jamais, à son gré, puisqu’il sait mieux que n’importe qui d’autre où le porte le Vent de l’Esprit de Vie.

© 1984-2016, Bertrand Duhaime (Dourganandâ).  Tous droits réservés. Toute reproduction strictement interdite pour tous les pays du monde.  Publié sur : www.larchedegloire.com.  Merci de nous visiter sur : https://www.facebook.com/bertrand.duhaime.

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